tatouage semi-permanent

Tatouage éphémère ou semi-permanent !!

Le semi-permanent... Ou l'arnaque indélébile ! par Karine Laroque, dimanche 11 septembre 2011

           Vous avez entendu parler d'une "technique" permettant de réaliser des tatouages qui ne durent que quelques années (2,3 ou 5 selon les versions...) ? Cette pratique est en réalité une véritable arnaque, apparue au cours des années 90, dans la foulée d'un autre procédé dérivé du tatouage par effraction cutanée : le maquillage dit permanent (sur lequel des retouches sont pourtant nécessaires tous les deux ou trois ans...).

L'idée consiste donc à tatouer un motif censé disparaître au bout de quelques années, les arguments-clés avancés consistant à piquer "superficiellement" l'épiderme. OR, il faut savoir que : # Il est IMPOSSIBLE d'introduire des pigments sous la peau par effraction cutanée et de les voir disparaître par un simple renouvellement cellulaire. Les nombreuses traces constatées plusieurs années après un tel encrage en témoignent : on peut comparer un tatouage "semi-permanent" avec un tatouage mal piqué qui vieillit mal... Le motif s'estompe de manière irrégulière, et laisse des traces très inesthétiques et définitives ! 

La pratique du "semi-permanent" est ILLEGALE.

L'obligation d'information préalable précise que le client doit connaître "le caractère irréversible des tatouages impliquant une modification corporelle définitive". L'arrêté du 3 décembre 2008 accorde donc fondamentalement au tatouage par effraction cutanée un caractère permanent ! INTERDIRE LE MAQUILLAGE PERMANENT AUX TATOUEURS... QUI N'EN FONT PAS ! En 2011, le SNAT (Syndicat National des Artistes Tatoueurs) est informé du projet d'un syndicat d'esthéticiennes visant à exiger, pour la pratique spécifique du maquillage permanent, un titre de CAP ou de BP d'esthétique. Les tatoueurs étant très rares à proposer cette prestation en annexe de leur activité, le SNAT a préféré conserver une position de neutralité quant à cette problématique déchirant les syndicats des professionnels de l'esthétique. Il a finalement été décidé de rompre le silence lorsque, quelques mois plus tard, le syndicat est "alerté" sur l'intention d'un groupement d'instituts de beauté d'interdire aux tatoueurs de faire du maquillage permanent "au prétexte que les conséquences d'un ratage sur le visage est plus grave que sur le corps" ! La situation est quelque peu absurde ! Si les conséquences d'un ratage sur le visage devaient justifier une qualification spécifique, ce n'est pas un module de BP d'esthétique qu'il faudrait exiger, mais bien plutôt une véritable expérience en matière de tatouage !

Tatouer des zones aussi sensibles que les yeux ou les lèvres nécessite une expérience autre qu'une formation de quelques jours... Ce travail est si difficile à réaliser que même pour un tatoueur dont c'est le métier depuis plus de 25 ans, cette pratique se révèle extrêmement délicate et fastidieuse, si bien que pratiquement aucun d'entre eux ne s'y risque, bien plus préoccupés par leur art que par l'appât du gain potentiel

. Que devraient alors dire ces tatoueurs quant aux nombreux "ratages" sur le corps provenant de salons d'esthétique proposant des tatouages soi-disant "semi-permanents" dont il ne reste après quelques mois ou quelques années que de très vilaines traces indélébiles ?

Pour le SNAT, ce terme relève de l'escroquerie pure et simple puisque cette particularité n'existe pas et contrevient même à la loi !

Pour preuve, les innombrables personnes porteuses d'infâmes stigmates que viennent à la rencontre des tatoueurs, dans l'incompréhension la plus totale. En somme, des professionnel(le)s dont certaines sont à l'origine de ces ratages veulent interdire le maquillage permanent aux tatoueurs ? Si c'est foncièrement aberrant, ce n'est en rien une préoccupation chez la majeure partie de nos membres. Nous ne pouvons qu'espérer qu'un jour ou l'autre les pouvoirs publics ou le collectif d'une clientèle bafouée par la tromperie du "semi-permanent" fassent cesser définitivement cette activité mensongère ! Quelle que soit l'issue du conflit interne qui occupe les professionnel(le)s de l'esthétique et les centres de formation au maquillage permanent, il serait salutaire qu'on cesse d'abîmer la peau des clients avec du tatouage soit-disant "semi-permanent", sur le visage ou ailleurs. Certes, cela procure du travail de recouvrement aux tatoueurs, mais ne fait que causer du tort à l'image du tatouage et des tatoueurs ainsi qu'à celle des métiers de l'esthétique !